Oman: Bienveillance et Beauté – part I

Tous les ans depuis plusieurs années déjà, petites hirondelles nous migrons vers le Sud. Un peu plus de chaleur, moins de pluie et toujours un peu plus loin de cette hystérie collective d’achats à l’occasion des fêtes de fin d’année.  Nous partons en Décembre et reviendrons en Janvier 2019, nous irons dans le Golfe persique au Sultanat d’Oman.

Avec 27°C en arrivant à Mascate, la chaleur est bien là. On récupère notre véhicule à l’aéroport et pour la première semaine on s’installe dans un hôtel confortable, un peu à l’écart de la ville, proche des « Muscat Hills » et de l’aéroport. La conduite (à droite) est facile, les routes en très bon état, le 4×4 Mitsubishi Pajero nous emmène partout, passant facilement du bitume à la piste. La ville s’étale sur 70 kms entre Seeb Beach et Al Jissah Qantab et tous les sites touristiques sont facilement accessibles. Le pays est toujours en pleine transformation avec des infrastructures en construction partout dans le pays. Maisons, écoles, police, bureaux, station-service, mosquées poussent comme de champignons accompagnant les rubans de bitume qui traversent le pays même dans les endroits les plus reculés. C’est étonnant, d’autant plus que le Sultanat a fait le choix d’une architecture simple, bien intégrée dans son environnement et ses traditions, bien loin des gratte-ciels de ses voisins de Dubaï et des Émirats.

maisons omanaises au détour de nos ballades

Mascate se révèle une ville agréable, on peut y circuler assez facilement avec de nombreux parking permettant se garer un peu partout. Nos premières visites sont pour les grandes mosquées et l’Opéra de la ville : Sultan Qaboos Grand Mosque, Mohammed Al Ameen Mosque et Royal Opera House Muscat.

Une salle immense, des travées latérales ornées de colonnes noires et blanches, des plafonds cloisonnés finement décorés, des lustres de cristal qui dispensent une lumière douce et dorée, un chandelier central serti d’or au-dessus d’un tapis persan aux tons pastel et l’image d’un homme seul, en prière.

Sultan Qaboos Grand Mosque – Homme en prière

Je reviendrai plusieurs fois à la Grande mosquée pour des photos au coucher du soleil. La chaleur de la journée s’atténue doucement, le trépied sur l’épaule je cherche le bon endroit évaluant les différents points de vue sur les minarets et le dôme doré.  J’attends la nuit dans les jardins de bougainvilliers en fleurs. Les heures passent, il fait si bon..

Sultan Qaboos Grand Mosque

Nous visitons la mosquée Al Ameen de bon matin, nous sommes seuls. Nous parcourons pieds nus les allées et l’esplanade de marbre blanc. Le soleil est doux sur la peau, la pierre illumine sans être éblouissante. Je reste assis un moment près des piliers, plus loin un homme marche en priant dans les allées, Élisabeth apparait au bout de la place.

mosquée Al Ameen

Beaucoup de travaux autour de la mosquée, située sur une petite colline sa silhouette massive s’impose dans l’environnement.

Oman, la beauté et la bienveillance. Nous sommes partout bien accueillis. Les hommes d’Oman sont très beaux dans leurs habits traditionnels : la dishdasha cette robe longue sans col qui descend jusqu’aux chevilles, agrémentée du côté droit d’un cordon « tarboucha » souvent parfumé, la barbe courte parfaitement taillée, toujours rasé de très près, un port de tête fier, visage souriant illuminé par des kummas brodées ou des turbans multicolores. Un léger sourire et un regard bienveillant.

Les femmes sont souvent absentes de l’espace public, rarement seules. Elles apparaissent deux fois sur mes photos, suffisamment loin pour ne pas être gênant.  A l’Opéra House une belle femme en abaya noire arrive en souriant vers moi, à la forteresse de Nakhal deux jeunes filles se prennent en photos, le mot harmonie me vient à l’esprit. Mais les photos sont parfois trompeuses malgré la beauté des architectures et des habitants, l’invisibilité des femmes laisse plutôt songeur.

Opera House et Fort Nakhal

Au bout de la corniche, c’est la vieille ville avec le souk, le marché aux poissons, le palais, les forts et les bâtiments administratifs. Le souk est plutôt calme ce matin-là et les vendeurs nous laissent relativement tranquille, on vagabonde ainsi d’échoppes en échoppes. Je trouve un barbier d’origine indienne dans le dédale des ruelles, me voilà rasé et tondu de prés pour moins de 10€. Beaucoup de travailleurs ici sont d’origine indienne venant principalement des pays musulmans,  Pakistanais ou Bangladais, ils sont partout où les travaux manuels sont indispensables au fonctionnement de l’économie : petites échoppes, station-service, travaux publique, BTP, services d’entretiens et de maintenance, travaux des champs.

Palais Royal – Muttrah City – Encensoir

Un petit tour au marché aux poissons puis aux légumes où nous achetons des fruits et des dattes à un vieil omanais au visage usé par le temps mais magnifique. Au moment de payer, j’arrondi au real supérieur et je lui laisse un peu de monnaie (baisas), il sourit, hoche la tête, m’attrape par le bras et me ramène vers son étal pour me donner d’autres dattes de sa production. Je dois en avoir pour mon argent, semble-t-il. Nous nous quittons après force remerciements mutuels.

marché aux poissons

On flâne sur la corniche, je regarde les Omanais qui viennent jeter du pain aux mouettes sur la plage. J’admire la belle mosquée bleue à quelques pas du Muttrah Souq, un homme s’arrête et devant mon intérêt pour le bâtiment, il me dit que c’est une mosquée chiite du 15° siècle, une des plus anciennes du Sultanat. Il me demande d’où je viens et ce que je fais à Oman. Il est iranien et vit à Genève, en visite comme nous, nous partageons nos impressions sur le pays et sa transformation actuelle. Grand admirateur du Sultan, comme de nombreux Omanais lui aussi s’inquiète de l’après ? Ces propos me laissent songeur. Nous nous quittons avec force salutations, j’attends Elisabeth un moment en admirant encore la mosquée Masjid Al Rasool Al A’dham. L’Iran, un prochain voyage peut-être ?

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