Oman: Batinah – Forts – Noël dans les sables– part II

Depuis Mascate, la plaine de la Batinah et la route des Forts relativement proches permettent de faire des sorties à la journée ou en deux/trois jours en enchainant la côte et l’intérieur. En allant vers Sohar, on traverse une plaine fertile assez monotone. Depuis Mascate – Seeb, il est préférable de quitter la « route 1 » plutôt monotone et remonter vers Sohar au Nord en empruntant les petites routes côtières.

Suwadi Al Batha – rencontre fortuite en flânant sur la route côtière.

On peut s’arrêter dans les petits villages où de nombreux pêcheurs semblent vivre encore d’une pêche côtière. Les petites embarcations s’alignent sur les plages, les pêcheurs en majorité d’apparence indienne ou pakistanaise sont au travail, à l’ombre d’abris précaires fait de planches de bois, de brande et de tôle ondulée. Des pickups conduit par des Omanais et équipés de container réfrigérant passent de temps en temps récupérer les produits de la pêche. 

village de pécheurs – les huttes sur la plage.

La ville de Barka, les huttes de pêcheurs, le style des maisons à la décoration de plus en plus « chargées », la plage de Al Sawadi, les îles Suwadi au large et le village de Husn Al-Suwaiq méritent le détour. Il faut flâner et prendre son temps. Plus au Nord, c’est la péninsule de Musandam mais il faut traverser les Émirats par voie terrestre, c’est pas très clair au niveau des assurances voitures alors nous préférons nous abstenir.

Au pied des monts Hajar, Fort Nakhal offre une vue superbe sur la plaine et les montagnes environnantes. C’est la route des Forts. Arrivés assez tôt le matin, on visite en toute quiétude.  Puis on pique-nique aux sources chaudes de Ain A’Thawwarah toutes proches beaucoup plus animées avant de rejoindre Rustaq. Un petit mausolée tout proche permet de se reposer en admirant la ville et les enceintes impressionnantes du Fort. 

Ce pays nous enchante. J’avais réservé une nuit dans un camp bédouin dans les Wahiba Sands, nous irons passer Noël dans les sables. Le campement du “Safari Desert” est à environ 22 kms du village de Bidiyah où nous récupérons les instructions pour rejoindre le campement. Mes pneus sont dégonflés par le staff , j’écoute les recommendations de notre hôte pour franchir les trois dunes importantes, nous partons seul vers les sables. Je me perds un peu dans le village (pas bien écouté, faut croire..) et je “merde” un peu sur la première dune, on redescend en marche arrière et on recommence, ensuite tout se passe bien et on peut apprécier le paysage. Le campement est sommaire mais confortable, on passe la soirée à marcher dans les dunes, écouter le silence et regarder le soleil se coucher à l’horizon dans des éclats dorés. Le repas est tout simple et c’est juste parfait pour nous. Une nuit étoilée, j’attends l’aube sous la brume et nous repartons de bon matin. Il fait si bon sur la piste, la voiture flotte dans la lumière, on s’arrête souvent juste pour regarder et respirer.. En route pour Sour et Salalah.

J’ai calculé nos empreintes carbone pour nos déplacements pour ce voyage: Avion Paris-Mascate AR = 4,2t de CO2 et 4000 kms de SUV = 2t soit 6,2t pour deux personnes et une proposition de compensation de 99€+49€=148€. On a limité la viande depuis longtemps et la maison est BBC alors les 2 tonnes/an et par habitant, ca parait bien loin et dérisoire. Je pense à Ella Maillart et son fabuleux voyage au pays des Kirghizes, des Monts Célestes et du désert des sables rouges, on est bien loin de nos petits voyages. Un si beau livre, témoin d’un monde qui disparait.. Et le nôtre ? Faut-il s’arrêter définitivement de voyager ?

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