Gers : des ravissements ?

Début Mars 2019 et nous voilà à nouveau dans ce beau département du Gers. Certains endroits vous prennent et restent en vous, l’envie d’y revenir vous tient. Une cure thermale pour Élisabeth, c’est l’occasion que j’attendais pour reprendre les routes du Gers. Madame barbote dans les boues thermales et je billebaude la campagne du Gers. Elle est bien au chaud dans son petit studio et je me gèle un peu au camping (beaucoup parfois…). Mon camp de base est une ferme à Larée à quelques kilomètres seulement de Cazaubon et Barbotan. J’aime cet endroit, les espaces sont bien aménagés, les grands arbres et les haies sont accueillants pour la faune locale : écureuil, passereaux.  Les animaux de la ferme viennent me tenir compagnie de bon matin : oies, poules et le chat siamois qui aime se promener partout. Je peux me prélasser au soleil avec mon appareil photo à portée de main tout en lisant les derniers livres achetés juste avant de partir.


Image de la ferme Labeyrie

Quand il fait beau, je traîne un peu au camping le matin en lisant et en espérant prendre quelques passereaux. Assis tranquillement près de la tente, je réussis à voir une Sittelle torchepot, un roitelet à triple bandeau et un grimpereau des bois (enfin, je pense… l’identification n’est pas toujours facile – pour les deux derniers, ça pourrait être aussi un roitelet huppé et un grimpereau des jardins). Ils sont très petits et pèsent entre 5 à 10 grammes donc pas facile à observer dans les branches des arbres. Aucun affût compliqué pour moi, je suis seul au camping alors j’écoute, je scrute dans la direction des chants et je cherche les petits mouvements sur les branches ou les troncs. C’est la première fois que je peux admirer ces trois oiseaux dans la nature.


Sittelle torchepot (Eurasian Nuthatch) 


Roitelet triple-bandeau (Common Firecrest)


Grimpereau des bois (ou des jardins?) – Eurasian Treecreeper

Les nuits sont encore fraiches et je n’ai pas de chauffage dans mon TipTop. Lorsqu’il pleut et qu’il fait trop froid, je “squatte” chez Elisabeth puis je repars au camping dès que le soleil revient. La routine s’installe… En fin de matinée, je pars redécouvrir les bastides : Montréal, Lupiac , Fourcés, Bassoues, Marciac, Plaisance, .. à Larressingle tout est fermé. Partout ces beaux paysages agricoles, une colline en cache une autre. Comme le décrit si bien Renaud Camus dans son livre le département du Gers : « le vide lui fait un peu défaut, il n’y a pas de blanc sur la carte : de sorte que s’éloigner d’une ferme, hélas, c’est toujours se rapprocher d’une autre. ».
C’est vrai, ce n’est pas l’Aubrac avec son merveilleux plateau qui vous fait sentir si fortement votre isolement. Ici point de grande solitude mais des petits moments de nature bien arrangés entre deux collines.

Image des paysages du Gers

Peu de touristes à cette époque de l’année alors j’enchaine les villages et les routes départementales. Les villages ont leurs églises parfois plusieurs d’ailleurs. Beaucoup sont classées au Patrimoine, elles se détachent toujours élégamment dans le paysage, vous appelle à venir en quelque sorte. J’adore les églises et je ne me lasse pas de les visiter et de les prendre en photo. Ici on en trouve partout sur les lignes de crêtes comme au fond des vallons. Les portes sont souvent fermées malheureusement, drôle d’époque où les églises sont fermées, la plupart du temps pour éviter les vols je crois. Le ciel est souvent chargé à cette époque de l’année et la lumière diffuse et révèle des points de vue sans cesse renouvelés. Il faut tourner, chercher un peu car un « ravissement » est toujours possible au détour d’un chemin.

J’ai trouvé ce mot tellement juste dans le livre de R. Camus.. Une suite de ravissements : en arrivant à La Romieu, en admirant Lectoure depuis les collines environnantes, en découvrant l’église de Salles d’Armagnac au fond du vallon autrefois marécageux, en marchant autour du château de Castelmore, en découvrant le beau château gascon de Sabazan sous les rayons du soleil revenu, en sortant de l’église Notre Dame qui borde la Place Royale à Labastide d’Armagnac (désolé c’est dans les Landes mais toujours en Gascogne..), en voyant apparaître les Pyrénées et ses pics enneigés sur la route de l’Astarac. D’aprés Guy, on peut voir les Pyrénnés même depuis Cazaubon ?

Quelques ravissements

C’est le grand jour ! Je reçois mon bâton de marche des mains de Guy Lanartic – artisan à Vic-Fezensac. Un objet utile et beau, une œuvre d’art aussi. (http://baton-gascon.blogspot.com). Guy est une personne attachante, son flux verbal n’a d’égal que son sourire toujours au coin des lèvres. Un artisan d’art spécialisé dans la fabrication de bâton gascon : l’agulho en gascon. Il y a 1 an et demi maintenant, je voulais m’acheter un bâton et après quelques recherches rapides sur Internet, je suis tombé sur le blog de Guy. Je vais le voir en Septembre 2017 et je lui commande un bâton gascon. Pour les délais, Guy n’est pas du genre pressé car son carnet de commande est plein…, alors j’écris sur le bon de commande « pour 2018, j’espère ! ». Et me voilà dans son atelier à Vic pour le beau jour en Mars 2019… Nous rions beaucoup en parlant des délais et comme je suis heureux qu’il ait fini avant que je sois mort… dans un grand éclat de rire, il me dit que c’est arrivé, la personne est décédée (c’était pour ses 80 ans, je crois) avant qu’il ait eu le temps de finir le travail mais sa veuve a accepté de prendre l’objet donc je suis chanceux en quelque sorte. Les gravures sont superbement réalisées et retracent joliment mon parcours professionnel : la Marine, HBS, Régie Renault, Salomon Sports, Taylor Made Golf, BIC et bien sûr la croix occitane, ma devise et la signature de Guy. Un bel objet et une belle rencontre, ainsi va la vie !

Avec Guy à Vic-Fezensac et les détails des gravures de l’agulho

 

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