Les limicoles: Tournepierres


« A leur manière, ils m’ont entraîné dans l’infini, non pas celui des espaces stellaires, mais celui de la vie terrestre, dont la réalité fait pâlir les rêves. »

Paul Géroudet – 20 Juillet 1982

C’est Dimanche, le soleil a refait son apparition quand nous partons en début d’après-midi pour notre promenade en bord de mer. Je prends mon appareil et mon zoom 24-105mm un peu par habitude. Ce n’est pas le meilleur jour pour les photos, souvent trop de monde et trop de bruits… Nous partons de l’Anse du Stole, suivons la côte jusqu’au Centre nautique de Kerguelen puis Larmor-Plage en passant par le centre de rééducation de Kerpape. Élisabeth file devant moi et je traîne toujours derrière en scrutant le rivage et les ilots à la recherche des limicoles. En arrivant en face de Kerpape, j’aperçois deux bernaches et des taches brunes et blanches sur les rochers, de loin on dirait bien des Tournepierres. Je descends sur les rochers en contre-bas et je m’approche lentement. De roches en roches, j’arrive à moins de 10 mètres, je m’assois et je peux les observer et les photographier même si mon zoom est un peu trop court. Sur un ilot rocheux juste en face de moi, un petit groupe de Tournepierres se repose. Les bernaches plus farouches se sont déjà éloignées. Je les observe longtemps et en faisant un mouvement trop brusque du bras pour alerter Élisabeth au loin, le petit groupe s’envole au ras des vagues, je les vois suivre le rivage derrière moi et filer vers l’Anse du Stole toute proche.

Tournepierres au repos sur l’îlot rocheux – Kerpape

Envol des Tournepierres – Kerpape

En revenant, je m’arrête au détour du chemin près de la pointe de l’anse et je scrute à nouveau les ilots rocheux. Je les repère à nouveau. Élisabeth ne les voit pas, elle regarde au loin sur les ilots au large, ils sont juste à nos pieds près du rivage. Je tente une seconde approche, je prends la tangente et je m’approche indirectement le plus possible, lentement par étapes successives, je suis à contre-jour malheureusement mais j’arrive à faire quelques photos.

Tournepierres à contre-jour – Anse du Stole

Nous rentrons heureux, les limicoles étaient avec nous aujourd’hui. J’adore ces oiseaux, je ne me lasse jamais de les observer. Je reprends le livre de Paul Géroudet posé sur mon bureau, je relis les premières pages, tout est dit..

« Appels flûtés des courlis, pirouettes des vanneaux, essor en fusée d’une bécassine s’arrachant du marécage… Sur la luisante nappe de vase dont la mer se retire, un petit peuple affairé à trouver des proies minuscules, des nuées d’oiseaux qui s’élèvent au loin comme des fumées ondoyantes… L’apparition éphémère d’un chevalier au bord d’un étang solitaire… C’est ainsi que l’on se prend à la séduction qu’exercent les limicoles, ces élégants voyageurs dont les allées et venues saisonnières d’un bout à l’autre des continents n’en finissent pas de nous étonner. Ils nous attachent aussi aux marais, aux lagunes, aux rivages, à ces mondes mouillés générateurs de vie que notre propre espèce s’ingénie à malmener. »

Paul Géroudet – Limicoles, gangas et pigeons d’Europe – Edition Delachaux & Niestlé.

 

Catégories :Bretagne, Kerroch, vie sauvageTags:, , ,

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