L’île de Sein en Octobre


Il y a plusieurs années nous visitions l’île de Sein (en breton Enez-Sun) , cette petite île à la pointe extrême de la Bretagne. Nous en avions gardé un souvenir de fragilité, l’île fait deux kilomètres de long et sa largeur varie de 30m à 500m seulement, un petit ruban de terre qui s’élève à peine de 6m au-dessus de l’immense océan qui l’entoure. On a l’impression que la moindre tempête va traverser l’île de part en part. En même temps, on éprouve aussi un sentiment de grande force par la permanence des constructions (digues, phares, maisons de villages basses, petites rues étroites) et celle des habitants car l’île est occupée depuis plusieurs siècles maintenant. De 344 habitants en 1794 à 1200 en 1950, la population est maintenant redescendue autour de 200 habitants en 2013. Nous partons pour plusieurs jours par un dimanche d’Octobre nuageux. La veille, la compagnie de bateaux Penn Ar Bed m’appelle pour me prévenir que compte-tenu des conditions climatiques (forte houle, vents), nous partirons de Douarnenez et non pas d’Audierne comme prévu. La traversée sera plus longue (deux heures) mais moins houleuse en longeant le Cap Sizun par le Nord. SeRendreàSein C’est à bord de l’ENEZ SUN que nous embarquons le 14 Octobre avec une vingtaine de passagers : simples touristes, îliens et nombreux passionnés d’ornithologie. C’est l’époque des migrations et les amoureux des oiseaux envahissent pacifiquement l’île à cette époque de l’année en espérant y voir l’oiseau rare, un de ces passereaux qui porté par des vents contraires se retrouve épuisé sur la lande de Sein. Dés notre arrivée à Men-Brial le port de Sein, nous sommes accueillis par un groupe de dauphins qui s’amusent à suivre le bateau. Nous posons nos bagages à l’hôtel Ar Men puis nous commençons à explorer l’île. Le village avec ses maisons colorées alignées le long des quais, ses rues étroites qui nous protègent des vents nous reposent après une traversée un peu agitée. _Q4A0860.jpg Nous apercevons nos premiers limicoles : les tourne-pierres en grand nombre qui s’alimentent sans cesse sur la grève. Un coup de bec rapide et les galets et le goémon sont retournés inlassablement. Le temps passe et on ne se lasse pas de les observer. Parfois, les groupes s’envolent, vire-voltant au raz des eaux dans des éclats de couleurs blanc et noir. Elisabeth sourit, on se laisse envahir par la beauté magique de l’île , la journée va être belle! _Q4A1201-Modifier.jpg On regagne l’hôtel en fin d’après-midi et depuis la chambre on regarde le soir tomber sur le grand phare de Sein. La chambre N°1 est simple, assez spacieuse avec une vue superbe sur l’ouest de l’île. Le “Goulenez” construit en 1951 dresse sa belle silhouette noire et blanche à l’horizon. Entièrement automatisé à ce jour, les derniers gardiens de phare sont partis en décembre 2015. Le Grand Phare de Sein Bien dormi malgré un lit un peu mou et trop court pour mon mètre quatre-vingts. Muni de la carte de l’île, nos premières promenades et observations matinales sont pour les passereaux. Les ornithologues sont un peu partout dans l’île, jumelles et appareils photos en position. Sur les zones herbeuses, des grives, pipits et des traquets motteux qui se laissent approcher. Côté mer, les tourne-pierres se regroupent avec les gravelots, un peu plus loin sur les rochers c’est les huîtriers pie avec les courlis cendré. Des pluviers argentés, quelques chevaliers et une aigrette qui défile sur la plage. Le vent est tombé, il fait beau. Je pense pouvoir faire voler mon drone. Nous allons vers le Guerveur et on s’amuse à voler autour de l’ancienne corne de brume. Le Guerveur Puis après un bon déjeuner au Restaurant Ar Men où nous apprécions le ragoût de homard, la spécialité du chef, nous allons vers le Grand Phare pour la vue sur la “Chaussée de Sein”, une extension d’environ 25 kilomètres de formations granitiques marquées par un autre célèbre phare “Ar Men” (la pierre en breton mais aussi nommé l’Enfer). C’est une vue magnifique mais des eaux dangereuses et les Sénans disent volontiers qu’il y a plus d’épaves que de récifs dans cette zone. Le phare de Sein Nous prolongeons notre séjour car le temps est agréable. On parcourt l’île à pieds (pas de voitures à Sein). Un chat nous accompagne un instant prés du cimetière des cholériques où les tombes ont presque disparues derrière les murets de pierres. Il faut quitter l’île bientôt. Le lendemain en attendant le bateau, on regarde un grand dauphin qui se repose dans le port prés des amarres du Enez Sun. Une habitante me dit qu’il y passe ces journées, on dirait bien qu’il aime Sein lui aussi. C’est avec regret que l’on quitte l’île : “Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais, Que l’on porte en soi comme un secret.. Quand la Vieille au Levant et l’Ar Men au Ponant Veillent toujours la vie des Sénans”  – Louis Capart – Héritage Sénan. En passant devant la Vieille et la Plate dans le raz de Sein, je rêve encore de voyages.. Voilier en route  
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